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Un prix fixe vous protège des hausses pendant la durée promise ; un prix indexé suit une référence, à la hausse comme à la baisse. Pour un logement, le choix engage moins qu’il n’y paraît : vous pouvez quitter une offre à prix fixe à tout moment, sans frais. Encore faut-il savoir ce que « fixe » couvre exactement, car le mot recouvre deux catégories différentes.
Que garantit vraiment une offre à prix fixe ?
Cela dépend de sa catégorie. Une offre « à prix fixe tout compris » ne bouge qu’avec la fiscalité. Une offre « à prix fixe de la part de l’électricité » peut aussi suivre le tarif de réseau et certaines obligations réglementaires, comme les certificats d’économies d’énergie.
La différence n’est pas un détail : le réseau représente plus du quart d’une facture au tarif réglementé, et son tarif a encore augmenté de 3,04 % au 1er août 2026. Les fournisseurs qui ont adhéré aux lignes directrices de la CRE s’engagent à indiquer la catégorie de chaque offre, à ne pas employer le mot « fixe » d’une façon qui trompe sur ce qu’il couvre, et à préciser dans la fiche descriptive de l’offre les composantes du prix qui peuvent encore bouger.
La période de fixité dure en général d’un à trois ans. Regardez aussi ce qui la suit : la CRE recommande d’être attentif aux modalités d’évolution du prix au-delà de la période garantie.
Les six catégories d’offres de la CRE
La CRE classe chaque offre selon l’évolution de son prix pendant ses douze premiers mois. Une offre dont la formule de prix vaut moins de douze mois tombe dans la dernière catégorie.
- Prix fixe tout compris : seule une évolution de la fiscalité peut faire varier le prix.
- Prix fixe de la part de l’électricité : l’abonnement et le prix de l’énergie sont bloqués, mais les taxes, le tarif d’acheminement et certaines obligations réglementaires peuvent évoluer.
- Indexée sur le tarif réglementé : l’abonnement et la consommation hors taxes suivent les mêmes variations que le tarif réglementé pris pour référence.
- Indexée sur les prix de marché : le prix suit un ensemble d’indices, et le fournisseur doit dire à quelle fréquence il évolue, mensuelle, trimestrielle ou autre.
- Tarification dynamique : le prix reflète les variations des marchés au comptant, heure par heure.
- Autres offres : le fournisseur peut modifier le prix librement une ou plusieurs fois par an, ou s’engage sur moins de douze mois.
Au 30 juin 2026, les offres à prix fixe représentaient 55 % des offres proposées aux particuliers, et les offres indexées sur le tarif réglementé 19 %, selon la CRE. Ce sont des parts d’offres disponibles, pas de foyers.
Comment évolue une offre indexée sur le tarif réglementé ?
Au même rythme que le tarif réglementé, que la CRE propose de faire évoluer en février et en août. Son prix de départ peut être plus bas, mais ses hausses et ses baisses doivent être les mêmes, en pourcentage ou en valeur, pendant toute la durée de l’engagement.
Une offre présentée comme « tarif réglementé moins X % » doit afficher cet écart pour l’abonnement et pour chaque prix du kWh, au moins en pourcentage. À l’inverse, une offre à prix fixe ne peut pas se présenter ainsi : elle peut seulement annoncer une réduction estimée par rapport au tarif en vigueur le jour de la proposition.
Ne comptez pas sur un préavis quand le tarif réglementé bouge : l’évolution découle de la formule acceptée à la signature. L’engagement des fournisseurs de chiffrer une hausse un mois à l’avance vise les modifications qu’ils décident eux-mêmes, pas celles qui suivent une référence extérieure. Le médiateur national de l’énergie juge ces offres moins risquées que celles indexées sur les prix de marché.
Offres indexées sur le marché et tarification dynamique
Ces deux catégories transfèrent le risque de prix vers vous, à des degrés différents.
- L’offre indexée sur le marché peut fortement varier en cours de contrat. Quand son prix évolue au moins une fois par trimestre, le fournisseur doit vous expliquer clairement, avant la signature, ses opportunités, ses coûts et ses risques, notamment face à la volatilité des prix.
- L’offre à tarification dynamique demande un compteur communicant et votre consentement exprès. Le fournisseur communique chaque jour le prix de chaque heure et doit vous alerter en cas de forte variation, sans être tenu de fixer un plafond. Tout fournisseur de plus de 200 000 sites doit en proposer une à qui la demande.
Pour une offre dynamique, aucune estimation fiable de la facture annuelle n’est possible : l’outil public du médiateur la présente d’ailleurs à part des autres offres.
Prix fixe ou indexé : comment choisir ?
Selon ce que vous craignez le plus : payer plus si les prix montent, ou ne pas profiter d’une baisse. Pour un logement, l’enjeu reste limité par une règle simple : vous pouvez changer d’offre à tout moment, sans frais, même pendant une période de prix fixe.
Cette règle change la logique du choix. Un prix fixe fonctionne pour un particulier comme un plafond : s’il devient moins intéressant, vous pouvez partir. Les points à vérifier, dans l’ordre :
- La catégorie de l’offre et ce que « fixe » couvre
- La durée de la période garantie, et ce qui la suit
- Le prix du kWh et de l’abonnement, taxes comprises
- Le niveau de certitude de l’estimation annoncée
Les fournisseurs engagés auprès de la CRE accompagnent leur estimation de facture d’un niveau de certitude, qui baisse à mesure que le prix dépend de facteurs extérieurs : le réseau, une formule d’indexation, puis le marché. Un niveau d’incertitude élevé ne signifie pas que vous paierez forcément plus cher : il signifie que personne ne peut le dire d’avance.
Comparez enfin les offres sur votre propre consommation, abonnement et prix du kWh compris, taxes comprises, et jamais sur le montant des mensualités. Le guide Comment choisir son fournisseur d’électricité ? reprend les autres critères.
À noter
Pour une entreprise, la règle diffère : un contrat à prix fixe et à durée déterminée quitté avant son terme peut coûter des frais de sortie. Le guide Contrat professionnel : quand renégocier son énergie ? traite ce cas.
Votre contrat vous convient-il encore ?
Un conseiller étudie votre contrat et vous dit s’il vaut la peine d’en changer, y compris s’il vaut mieux ne rien changer.
Trouver mon matchQuestions fréquentes
Pour un logement, oui, à tout moment et sans frais : le prix fixe engage le fournisseur, pas vous. Pour une entreprise, c’est différent : un contrat à prix fixe et à durée déterminée quitté avant son terme peut coûter des frais de sortie. Sous cinquante personnes et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires ou de bilan, ils doivent avoir été annoncés avant la signature et ne peuvent dépasser la perte économique directe du fournisseur ; au-delà, le contrat les fixe.
Non. C’est un prix fixé par les pouvoirs publics, que la CRE propose de faire évoluer deux fois par an, en février et en août. Il peut baisser comme augmenter. Une offre de marché peut le prendre pour référence, mais elle reste une offre indexée.
Elle le peut si vous déplacez une bonne part de votre consommation vers les heures où le marché est bas, ce qui suppose des usages pilotables. Mais le prix change chaque heure, aucun plafond n’est imposé, et aucune estimation annuelle fiable n’est possible : le médiateur national de l’énergie la réserve aux consommateurs très avertis.
Sources
- Découvrir les catégories des offres (Commission de régulation de l’énergie)
- Lignes directrices relatives aux pratiques des fournisseurs d’électricité et de gaz naturel (Commission de régulation de l’énergie)
- Code de la consommation, articles L224-1 à L224-16 : les contrats de fourniture d’électricité ou de gaz naturel (Légifrance)
- Code de l’énergie, articles L332-1 à L332-7 : les contrats et offres de fourniture d’électricité (Légifrance)
- Comment comparer les offres d’électricité et de gaz naturel ? (Médiateur national de l’énergie)
- Que faut-il regarder dans une offre d’électricité ou de gaz ? (Médiateur national de l’énergie)
- Les offres à tarification dynamique (Médiateur national de l’énergie)
- Observatoire des marchés de détail de l’électricité et du gaz naturel, deuxième trimestre 2026 (Commission de régulation de l’énergie)
- Délibération de la Commission de régulation de l’énergie du 15 juillet 2026 portant proposition des tarifs réglementés de vente d’électricité en France métropolitaine continentale et en zones non interconnectées (Commission de régulation de l’énergie)