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Le prix d’un kWh d’électricité additionne trois parts : la fourniture, c’est-à-dire l’énergie et le coût de sa vente ; l’acheminement par le réseau ; et les taxes. Le tarif réglementé, fixé par les pouvoirs publics, sert de repère à toutes les offres : depuis le 1er août 2026, en option base, son kWh coûte 13,61 centimes hors taxes, et un peu plus de 20 centimes taxes comprises.
Que paie-t-on dans un kWh ?
Trois parts, dont la Commission de régulation de l’énergie publie le poids. Sur la facture d’un client résidentiel au tarif réglementé, la fourniture en représentait 40 %, le réseau 28 % et les taxes et contributions 32 %, au 30 juin 2026.
40 %
De la facture d’un client résidentiel au tarif réglementé couvre la fourniture d’électricité. Le réseau en couvre 28 %, les taxes et contributions 32 %, selon la CRE au 30 juin 2026.
- La fourniture couvre l’achat de l’électricité sur les marchés de gros, la capacité de production qui doit être disponible les jours de forte demande, les coûts de commercialisation, dont les certificats d’économies d’énergie, et la rémunération du fournisseur.
- L’acheminement paie l’usage des réseaux de transport et de distribution. Son tarif, le TURPE, est fixé par la CRE et vaut pour tous les fournisseurs.
- Les taxes sont l’accise sur l’électricité, prélevée sur chaque kWh, la contribution tarifaire d’acheminement, assise sur une partie de l’abonnement, et la TVA à 20 %, appliquée à tout le reste.
Seule la fourniture dépend vraiment du fournisseur que vous choisissez. Le réseau et les taxes sont les mêmes pour tous : c’est pourquoi deux offres ne peuvent s’écarter qu’à l’intérieur de cette première part.
Qui fixe le prix du kWh ?
Pour une offre de marché, le fournisseur, librement. Pour le tarif réglementé, les ministres chargés de l’économie et de l’énergie, sur proposition de la CRE, qui le calcule en additionnant les coûts d’un fournisseur achetant toute son électricité sur le marché.
Cette méthode, dite de l’empilement des coûts, est prévue par le code de l’énergie. Le tarif réglementé additionne :
- le coût d’approvisionnement en énergie au prix de marché, pour l’intégralité des volumes ;
- le coût de la capacité, c’est-à-dire de la garantie que des moyens de production, de stockage ou d’effacement seront disponibles en hiver ;
- le coût d’acheminement, le TURPE ;
- les coûts de commercialisation, certificats d’économies d’énergie compris ;
- une rémunération du fournisseur, fixée à 2,5 % du tarif hors taxes.
Le but est que le tarif reste « contestable » : un fournisseur qui achète son électricité sur le marché doit pouvoir faire aussi bien, ou mieux. C’est ce qui en fait un repère, et non un plancher ou un plafond.
Depuis la fin de l’ARENH, le 31 décembre 2025, plus aucune part de l’électricité du tarif n’est achetée au prix régulé du nucléaire historique : tout est valorisé au prix du marché. Ce mécanisme servait aussi d’amortisseur au coût de la capacité, qui pèse davantage depuis.
Pourquoi le prix du kWh a-t-il augmenté au 1er août 2026 ?
Parce que deux coûts du tarif réglementé ont monté : le réseau, dont le tarif a été revu à la hausse, et la capacité, avec un nouveau mécanisme. Pour un logement, le tarif Bleu a augmenté de 2,51 % TTC en moyenne, soit environ 26 € par an pour 4,5 MWh consommés.
En moyenne sur les tarifs Bleus, la CRE décompose ainsi la hausse, taxes comprises :
- le tarif de réseau : + 1,14 % ;
- le nouveau mécanisme de capacité : + 1,73 % ;
- les certificats d’économies d’énergie et les coûts commerciaux : - 0,32 % ;
- la rémunération du fournisseur : + 0,07 % ;
- l’accise, passée de 30,85 € à 30,62 € par MWh : - 0,10 %.
Le nouveau mécanisme de capacité est centralisé : le gestionnaire du réseau de transport rémunère directement les exploitants de capacités, et les fournisseurs le financent par une taxe. La CRE l’a intégré au tarif sur douze mois, et reporte au 1er février 2027 le solde de l’ancien mécanisme.
Pour un foyer qui consomme 4,5 MWh par an, la CRE chiffre la facture annuelle au tarif réglementé à 1 072 € TTC, contre 1 046 € avant le 1er août.
Ce que coûte un kWh au tarif réglementé
Le barème est publié hors taxes. Depuis le 1er août 2026, pour un logement :
- option base, 3 ou 6 kVA : 13,61 centimes le kWh ;
- option heures creuses, toutes puissances : 14,79 centimes en heures pleines, 10,18 centimes en heures creuses ;
- abonnement, le même pour les deux options : 110,64 € par an à 3 kVA, 143,28 € à 6 kVA, 178,80 € à 9 kVA.
13,61 c€
Le prix hors taxes d’un kWh au tarif réglementé, option base, 3 ou 6 kVA, depuis le 1er août 2026. Avec l’accise et la TVA, il revient à environ 20,01 centimes.
Le passage au prix taxes comprises se fait en deux temps : on ajoute l’accise, 3,062 centimes par kWh, puis on applique 20 % de TVA au total. Pour le kWh en option base : 13,61 + 3,062 = 16,672 centimes, soit 20,01 centimes une fois la TVA ajoutée. Le même calcul donne environ 21,42 centimes en heures pleines et 15,89 en heures creuses.
L’abonnement suit une autre règle : la contribution tarifaire d’acheminement s’y ajoute avant la TVA, sur la part qui paie le réseau. Le guide Comment est calculée votre facture ? détaille ce calcul.
À noter : l’option base n’est plus proposée aux nouveaux contrats au tarif réglementé à partir de 9 kVA.
Base, heures creuses, Tempo : un même kWh, plusieurs prix
Le kWh n’a pas le même prix selon l’option, parce que l’électricité ne coûte pas la même chose à toute heure.
- Base : un seul prix, quelle que soit l’heure.
- Heures creuses : huit heures par jour à un prix réduit, consécutives ou en deux plages, dont les horaires sont fixés localement par le gestionnaire de réseau. Une partie d’entre elles est progressivement déplacée l’après-midi, entre 11 h et 17 h, en particulier l’été ; chaque client garde au moins cinq heures creuses la nuit. Depuis le 1er août 2026, l’option est ouverte dès 3 kVA.
- Tempo : six prix, selon l’heure et la couleur du jour. L’année compte 22 jours rouges, de novembre à mars hors week-ends, 43 jours blancs et 300 ou 301 jours bleus. Au tarif réglementé, un kWh coûte 8,24 centimes hors taxes en heures creuses d’un jour bleu, et 57,73 centimes en heures pleines d’un jour rouge.
Le choix de l’option dépend de vos usages plus que du prix affiché. Le guide Comment savoir si je paie trop cher mon électricité ? montre comment savoir si vous êtes dans la bonne.
Le prix d’une offre de marché
Un fournisseur fixe librement le prix de ses offres. Il peut le garder fixe pendant une durée donnée, le faire suivre le tarif réglementé ou un indice de marché, et il le présente souvent par comparaison avec le tarif réglementé. Seule sa part fourniture change d’une offre à l’autre : le réseau et les taxes restent ceux décrits plus haut.
Comparer deux offres demande donc de comparer le prix du kWh et celui de l’abonnement, sur une même option et une même puissance. Ce qu’un prix fixe garantit, et ce qu’il ne garantit pas, est l’objet du guide Électricité : tarif fixe ou indexé ?.
Questions fréquentes
Parce que la CRE propose son évolution deux fois par an, au 1er février et au 1er août. Le mouvement d’août suit en général celui du tarif de réseau, que le tarif réglementé doit répercuter ; celui de février intègre les écarts constatés sur l’année écoulée. Le prochain est prévu le 1er février 2027.
Une taxe perçue sur chaque kWh consommé, quel que soit votre fournisseur. Pour un logement, elle s’élève à 30,62 € par MWh depuis le 1er août 2026, soit 3,062 centimes par kWh, contre 30,85 € auparavant. Comme les autres taxes, elle est elle-même soumise à la TVA de 20 %.
Seulement si votre option le prévoit. En option base, le kWh a le même prix à toute heure. En option heures creuses, huit heures par jour sont facturées moins cher, aux horaires fixés par le gestionnaire de réseau, et une partie d’entre elles passe progressivement l’après-midi. Avec Tempo, le prix dépend aussi de la couleur du jour.
Sources
- Délibération de la Commission de régulation de l’énergie du 15 juillet 2026 portant proposition des tarifs réglementés de vente d’électricité en France métropolitaine continentale et en zones non interconnectées (Commission de régulation de l’énergie)
- Annexe B : barèmes des tarifs réglementés de vente d’électricité, délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 (Commission de régulation de l’énergie)
- Décision du 29 juillet 2026 relative aux tarifs réglementés de vente de l’électricité applicables aux consommateurs résidentiels en France métropolitaine continentale (Légifrance)
- La Commission de régulation de l’énergie propose une évolution du niveau moyen des tarifs réglementés de vente de l’électricité de + 2,5 % TTC au 1er août 2026 (Commission de régulation de l’énergie)
- Observatoire des marchés de détail de l’électricité et du gaz naturel, deuxième trimestre 2026 (Commission de régulation de l’énergie)
- Arrêté du 8 juin 2026 actualisant l’arrêté du 13 décembre 2022 constatant divers tarifs et seuils de régime d’impositions relatifs à certaines impositions sur les biens et services (Légifrance)
- Accise, CTA et TVA : les 3 taxes et contributions sur mes factures d’électricité et de gaz naturel (Médiateur national de l’énergie)
- FAQ : déplacement des heures creuses (Commission de régulation de l’énergie)
- Offre de type Tempo : calendrier des jours 2026-2027 (Médiateur national de l’énergie)
- Hausse du TRVE au 1er août 2026 : +2,5 % TTC en moyenne (Médiateur national de l’énergie)